Communiqué de presse de l’OSE concernant la signature de la convention sur les successions entre la France et la Suisse.
11.07.13 La France pourra prélever des
impôts en Suisse
Communiqué de presse de l’OSE
L’Organisation des Suisses de
l’étranger (OSE) regrette la signature de la convention sur les successions
entre la France et la Suisse. Celle-ci ne prend clairement pas en compte les
intérêts des 180'000 Suisses de France et crée un précédent en permettant à un
Etat tiers de prélever des impôts sur le sol suisse.
Telle que signée aujourd’hui par la
conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf et le ministre français de
l’économie et des Fiances Pierre Moscovici, cette convention porte clairement
préjudice aux Suisses de France. Cette communauté suisse à l’étranger est la
plus importante avec 186'615 personnes.
Les membres du Conseil des Suisses
de l’étranger (CSE), organe suprême de l’OSE, avaient adopté une résolution en
août 2012 déjà. Celle-ci demandait que la convention soit renégociée et qu’elle
fasse la distinction entre les personnes cherchant à soustraire leurs bien à la
législation fiscale française et celles, notamment les Suisses de France, qui
héritent d’un parent domicilié en Suisse. Enfin, le 2 mai 2013, l’OSE a écrit
au Conseil fédéral afin de lui faire savoir qu’elle estimait que « le
texte de la convention, tel que prévu, est inacceptable et ne voit pas où se
situe l’intérêt de la Suisses et de ses citoyens à faire de telles concessions
et à signer cette convention. L’OSE est donc opposée à la conclusion de cette
convention et demande au Conseil fédéral de renégocier d’abord ».
Les délégués du CSE ont mis le sujet
à l’ordre du jour de leur séance d’été qui se tiendra le 16 août prochain à
Davos.
Taxation française sur sol suisse
Soumettre la succession d’un défunt
dont le dernier domicile était en Suisse à l’impôt français constitue une
première. L’OSE trouve cela d’autant plus choquant lorsque le défunt n’a jamais
eu de contact avec la France si ce n’est que ses héritiers, ayant vécu en
France 8 ans durant les dix dernières années, y sont domiciliés. Cela va à
l’encontre des standards fiscaux internationaux en la matière. Le modèle de
Convention de l’OCDE de 1983 prévoit que c’est l’Etat du dernier domicile du
défunt qui est compétent pour assujettir de manière illimitée la succession,
sauf les biens immobiliers. De même, le fait qu’un bien immobilier situé en
Suisse puisse être imposé par la France parce qu’un héritier y est domicilié
est critiquable. Cela pourrait contraindre des héritiers suisses domiciliés en
France à vendre le bien immobilier hérité pour pouvoir s’acquitter de l’impôt
français.
Une telle convention pourrait
constituer un précédent et d’autres pays pourraient vouloir suivre l’exemple de
la convention franco-suisse et vouloir imposer des biens situés en Suisse.
Décision du Conseil des Etats en
attente
Contre la volonté du Conseil
fédéral, le Conseil national a adopté le 19.06.2013 une motion selon laquelle
«Dans le cadre de la négociation pour un renouvellement de convention de double
imposition sur les successions, notamment avec la France, il est demandé au
Conseil fédéral de n’accepter en aucun cas que des immeubles sis en Suisse
soient imposables par un Etat tiers». La motion a été clairement adoptée, par
119 voix contre 62. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.
Pour toute information
Organisation des Suisses de
l’étranger (OSE)
Ariane Rustichelli – Porte-parole
031 356 61 00
rustichelli@aso.ch; www.aso.ch
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