Dieudonné est désapprouvé par 83% des Français
LeParisien.fr
Le 11.01.2014, 08h20
La justice
doit se prononcer ce en fin de matinée samedi sur la tenue d'un spectacle de
Dieudonné à Orléans (Loiret), frappé d'interdiction par le maire de la ville.
Dans la bataille qui oppose Dieudonné au gouvernement, les Français ont décidé de ne pas choisir. S'ils désapprouvent Dieudonné à une très large majorité (83 %), près des trois-quarts d'entre eux (74 %) estiment que le gouvernement en fait «trop» pour tenter de le faire taire, selon un sondage BVA pour ITele-CQFD diffusé ce samedi.
Seuls 21 % pensent que le
gouvernement traite le sujet comme il convient, et 4 % qu'il n'en fait «pas
assez».
Un autre sondage de l'institut CSA, réalisé entre le 7 au 8 janvier, soit avant
l'interdiction prononcée contre les spectacles de Dieudonné, 52 % des Français
affirmaient souhaiter cette interdiction, mais 64 % pensaient que la mesure ne
serait pas efficace pour lutter contre l'antisémitisme.
Concernant la popularité de l'humoriste, 14% des répondants au sondage BVA ont
une bonne opinion de lui. Toutes les catégories politiques
lui sont hostiles, à l'exception des sympathisants du Front national qui sont
partagés (48 % contre 48 %) à son sujet.
Par ailleurs, une courte majorité (52 % contre 46 %) des Français sont hostiles
aux interdictions de son spectacle. Les sympathisants de droite sont plus
particulièrement hostiles à ces interdictions (61 %), chiffre qui atteint 77 %
pour les sympathisants du Front national.
Un spectacle en sursis
Le tribunal administratif d'Orléans (Loiret) doit rendre ce samedi à 11 heures
sa décision sur le recours de Dieudonné contre un arrêté pris par le maire
d'Orléans qui interdit le spectacle programmé le soir même au Zénith de la
ville. Selon les autorités, environ 2 500 billets ont été vendus sur les 5 000 à
6 000 places que compte le Zénith d'Orléans.
Dieudonné devait également se produire samedi, à 14 heures, au théâtre de La
Main d'Or, à Paris XIe, mais le préfet de police de Paris a interdit le
spectacle, vendredi soir, tout comme les représentations de dimanche et de
lundi.
AFP
LeParisien.fr
le 11.01.2014, 07h36
Guillaume Souvant
Dieudonné: après Nantes et Tours, le spectacle interdit à Paris
Le gouvernement a remporté vendredi une nouvelle
manche contre l'humoriste controversé Dieudonné,
la justice ayant confirmé l'interdiction du
spectacle prévu dans la soirée à Tours, comme elle l'avait fait la veille pour
la représentation nantaise.
En fin de soirée, une nouvelle interdiction du spectacle "Le Mur" est
venue s'ajouter aux précédentes. Le préfet de police de Paris a en effet
interdit par arrêté trois prochains spectacles de Dieudonné annoncés sur le
site du polémiste pour samedi, dimanche et lundi et qui n'étaient pas prévus
initialement, a t-on appris auprès de la préfecture de police
Validé dès la mi-journée par le tribunal administratif d'Orléans, saisi de
requêtes d'un spectateur et de Dieudonné M'bala M'bala, l'arrêté d'interdiction
du spectacle "Le Mur" prévu à Tours a été confirmé dans la soirée par
le Conseil d'Etat, saisi par le polémiste.
"On sera encore là
demain", a déclaré, après la lecture de la décision, l'un des conseils de
Dieudonné, Me Sanjay Mirabeau, en référence à un troisième arrêté interdisant
le spectacle à Orléans samedi après ceux de Nantes et Tours."A chaque fois
que nous aurons une décision d'interdiction en première instance, nous irons au
Conseil d'Etat", a-t-il prévenu.
A Paris, la première représentation devait se tenir samedi à 14h00 dans le
théâtre de la Main d'Or à Paris (XIe). Initialement, le prochain spectacle
"Le Mur" prévu à Paris était programmé pour le 16 janvier et le
préfet de police avait déjà engagé une procédure d'interdiction.
Le tribunal administratif d'Orléans doit rendre samedi à 11H00 sa décision sur
le recours de Dieudonné contre un arrêté pris par le maire d'Orléans qui
interdit le spectacle le soir même au Zénith de la ville. Selon les autorités,
environ 2.500 billets ont été vendus sur les 5.000 à 6.000 places que compte le
Zénith d'Orléans.
Dans son nouveau one-man-show déjà présenté à Paris, Dieudonné, 47 ans,
plusieurs fois condamné pour antisémitisme, multiplie les charges contre
"les juifs", "la juiverie" ou encore
"kippa-city".
A Tours, la confirmation de l'annulation du spectacle a été accueillie dans le
calme en début de soirée par les quelque 300 spectateurs massés devant la salle
du Vinci, et encadrés par un important dispositif de sécurité.
Faisant écho au ministre de l'Intérieur Manuel Valls la veille, les avocats de
Dieudonné avaient immédiatement attaqué vendredi la décision du tribunal
d'Orléans concernant le spectacle de Tours en déposant un référé devant le
Conseil d'Etat. Jeudi déjà, la plus haute juridiction administrative avait
confirmé l'interdiction du spectacle à Nantes.
L'ancien ministre PS Jack Lang, également professeur de droit, a toutefois
estimé vendredi que cette décision du Conseil d'Etat "portait en germe de
graves risques pour la liberté d'expression".
'Emballement contreproductif'
Plusieurs humoristes, comme Didier Porte et Christophe Alévêque ont dénoncé un
"emballement politico-médiatique contreproductif" autour de
Dieudonné, estimant qu'il faut laisser la justice condamner ses délits plutôt
que d'en faire un martyr.
Jeudi, le Conseil d'Etat avait donné raison à Manuel Valls en interdisant pour
la première fois, et dans un délai record, le spectacle, deux heures avant sa
représentation prévue à Nantes, première étape de la tournée en région.
La décision du Conseil d'Etat constitue un revirement de jurisprudence, les
tribunaux administratifs ayant, à une quinzaine de reprises ces dernières
années, invalidé des arrêtés d'interdiction de spectacles de Dieudonné.
"La République a gagné", s'était félicité Manuel Valls, à l'origine
d'une circulaire préconisant l'interdiction au cas par cas du spectacle pour
troubles à l'ordre public. Vendredi à Quimper, M. Valls a ajouté : "C'est
fini le temps de l'impunité. C'est ça le message qui est passé".
La communauté juive, qui s'est réjouie de cette décision, a appelé à poursuivre
le combat contre l'antisémitisme, à l'instar des associations antiracistes qui
veulent "sortir du ping-pong" entre Manuel Valls et le polémiste.
En revanche, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) s'est inquiétée d'un
"cadre juridique lourd de conséquences pour la liberté d'expression".
Marine Le Pen, présidente du Front national, a estimé que la décision du
Conseil d'Etat interdisant le spectacle s'apparentait à une "censure"
et représentait un "bouleversement de l'ordre juridique" en France.
La circulaire de M. Valls invoquait pour justifier l'interdiction les risques
de trouble à l'ordre public, mais aussi "l'atteinte au respect de la
dignité humaine".
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