En Suisse, la compétence compte plus que le diplôme
Le Figaro.fr
12-12-13
Marie Maurisse
Entre janvier et août 2013, 8 033 Français ont émigré en Suisse au titre d’un permis de travail d’au moins douze mois. L’année dernière, sur la même période, ils n’étaient que 6 537 personnes à s’y installer, soit presque 20 % de moins, selon les derniers chiffres de l’Office fédéral des migrations. L’augmentation de l’immigration française, continue depuis trente ans, s’est accélérée depuis l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation, en juin 2007. En un an, les Français ont été 50 % de plus à s’expatrier au pays de Guillaume Tell. Et le mouvement n’a pas cessé depuis.
L’attractivité de la Suisse se mesure aussi au nombre de ses frontaliers, vivant en France mais travaillant en terre helvétique. Ils étaient 90 295 en 2003, contre plus de 145 000 à la fin septembre 2013, soit une augmentation de plus de 60 %. Les plus nombreux à faire ce choix sont d’abord les jeunes âgés de 30 à 34 ans. La plupart sont actifs dans la région de Genève, dans le canton de Vaud (Lausanne, Nyon) mais aussi du côté de Bâle. Zurich est moins prisée des francophones.
Pour David Talerman, auteur de l’ouvrage Travailler et vivre en Suisse, dont la quatrième édition sortira en janvier, le choix de l’expatriation paraît évident : « D’un côté, on a un pays où l’emploi est faible et les possibilités de carrière réduites, constate-t-il. De l’autre, à quelques kilomètres seulement, le chômage est à 3,2 % à peine et le marché du travail regorge d’opportunités professionnelles… » Sans compter les salaires, qui sont deux à trois fois plus élevés qu’en France.
Dans les secteurs qui recrutent, on trouve l’informatique, l’horlogerie, l’hôtellerie-restauration, mais aussi le bâtiment. Les entreprises helvétiques cherchent à l’étranger de la main-d’oeuvre non formée, mais aussi des profils très spécialisés, comme les ingénieurs.
« Ce qui est intéressant, dans la culture d’entreprise suisse, c’est qu’elle n’est pas élitiste, explique David Talerman. Les compétences comptent plus que le diplôme. Une fois que la confiance est là, un jeune employé a toutes ses chances d’avoir des responsabilités et de monter dans la hiérarchie. »
Le spécialiste de l’expatriation met cependant en garde les Français contre l’excès d’ambition : « Les forts en gueule doivent faire profil bas, car nous avons une réputation d’arrogants. Ici, ce qui compte, ce n’est pas sa propre carrière, mais l’avenir de l’entreprise. Il faut jouer collectif. »
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