Le vide juridique serait défavorable aux héritiers
Letemps.ch
succession mardi 20
août 2013
Par Yves Petignat
Sans accord entre les deux pays, les
héritiers pourraient être taxés en Suisse et en France
En cas de vide conventionnel, la situation pourrait
devenir très défavorable pour les héritiers, selon le SFI. Ainsi, avec la
convention, si le défunt était domicilié en Suisse, les héritiers résidant en
France depuis moins de huit ans seraient taxés en Suisse. Sans convention, ce
délai tombe à six ans.
S’il s’agit de titres de sociétés suisses, convention
ou pas, ils seront imposés d’abord en Suisse puis en France de manière
subsidiaire, la France déduisant le montant des impôts payés en Suisse. S’il
s’agit de titres de sociétés françaises, ils seront imposés également dans les
deux Etats. Par contre la France ne déduira pas ce qui a été prélevé en Suisse,
même si dans la société française en question il y a des immeubles suisses.
Même chose pour des comptes bancaires ou des collections d’art situés en
France.
Si le défunt était domicilié en France et ses
héritiers en Suisse, ceux-ci seront dans tous les cas imposés en France et,
s’agissant d’immeubles suisses, dans les cantons, mais ceux-ci pourront déduire
l’impôt français.
Pour le SFI, la nouvelle convention est certes moins
favorable pour la Suisse, mais elle supprime les inégalités de 1953, soit la
double exonération, «ce qui n’est plus accepté en droit fiscal international».
S’agissant de la convention passée avec l’Allemagne en 1978, elle n’est pas
toujours aussi avantageuse que les opposants à l’accord avec Paris le
prétendent, selon le SFI. La clause sur la nationalité qui exempte en Allemagne
les héritiers suisses ne s’applique que si le défunt résidait en Suisse et
était de nationalité suisse. Mais si le défunt avait un appartement en
Allemagne où il résidait de temps à autre, les héritiers suisses ne sont pas
exemptés d’impôt.
Le SFI estime d’ailleurs que la convention passée avec
la France ne devrait pas créer de précédent. D’abord parce que l’imposition subsidiaire
au domicile des héritiers est reconnue par la Suisse. D’autre part, Berne n’a
signé qu’une dizaine de conventions de double imposition en matière de
succession. Par contre, une dénonciation unilatérale de la convention par la
France donnerait un signal négatif au niveau international, car cela pourrait
entraîner d’autres abrogations, estime Christoph Schelling.
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