Pékin accepte à son tour de discuter de l’échange automatique d’informations La Suisse de plus en plus isolée sur les questions fiscales
LeTemps.ch
Mercredi 28 août 2013
Par Richard Werly Paris
Tous les pays membres du G20 ont
désormais signé la Convention multilatérale de l’OCDE concernant l’assistance
administrative mutuelle en matière fiscale. La Chine a été la dernière à
apposer son paraphe mardi, lors d’une cérémonie au siège parisien de
l’organisation. Le très influent directeur des services fiscaux chinois,
l’ancien vice-ministre des Finances Wang Jun, a fait le déplacement. La
ratification, a-t-il promis aux côtés du secrétaire général de l’OCDE Angel
Gurria, devrait être «très rapide». «Notre intention est d’être un partenaire
solide en matière de coopération fiscale. Nous allons avec ce texte bien au-delà
des traditionnels accords bilatéraux», a plaidé l’ancien vice-ministre Wang
Jun, pour lequel la convention de l’OCDE est «une plateforme multinationale
très utile». Aucune mention n’a par contre été faite du cas de Hongkong et de
Macao, les deux régions administratives spéciales de la République populaire,
qui tardent, elles, à modifier leur législation et restent assimilées par les
experts à des «paradis fiscaux» pour les non-résidents. N’étant pas des pays
souverains, l’ex-colonie britannique comme l’ex-colonie portugaise ne peuvent
pas signer le texte de l’OCDE. C’est à la Chine que revient donc la
responsabilité de leur faire accepter, ou non, les obligations de la convention
que la Suisse, elle, refuse toujours de signer.
«La donne change»
Le cas de la Confédération, non
évoqué lors de la cérémonie de signature à Paris, est indissociable des
pourparlers fiscaux à l’approche du sommet des chefs d’Etat ou de gouvernement
du G20, les 5 et 6 septembre, à Saint-Pétersbourg. La Suisse, qui avait
été invitée à participer au G20 des ministres des Finances en juillet à Moscou,
se retrouvera donc encore plus isolée, seule parmi les pays développés et
émergents présents à n’avoir pas signé ce texte considéré comme le pilier des
nouvelles règles fiscales internationales. «Il est clair que la position des
autorités helvétiques sera suivie de très près», commente Pascal Saint-Amans,
responsable de ce dossier à l’OCDE. La Chine, qui a choisi de rejoindre la
convention juste avant le sommet, pourrait mettre son poids dans la balance:
«Est-ce normal qu’une grande place financière comme la Suisse continue de
bouder ce texte? Ma réponse est non. Lorsque la Chine adopte une norme, elle
s’efforce ensuite de la promouvoir auprès de ses partenaires», affirmait hier à
Paris un membre de la délégation chinoise, sous couvert d’anonymat.
La signature de la convention de
l’OCDE par Pékin confirme, selon l’OCDE, «que la donne change sur la planète
fiscale». Un autre signe, cité par l’organisation, est le fait que le
Royaume-Uni est en train d’étendre le champ d’application de la convention de
l’OCDE aux possessions et territoires dépendants de la couronne britannique
(Jersey, île de Man, Guernesey, îles Caïman, îles Vierges, Gibraltar…). Parmi
les juridictions qui demeurent aujourd’hui «problématiques» au regard de l’OCDE
figurent, outre la Suisse, Panama ou les Seychelles.
Le G20 devrait d’ailleurs, pour
accroître la pression, s’achever par une déclaration rappelant l’importance de
la Convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en
matière fiscale aujourd’hui signée par 56 pays. Ce texte, en cours
d’élaboration, devrait aussi redire le soutien des pays membres du G20 à
l’échange automatique d’informations, permis par cette convention: «En la
ratifiant, un pays se donne les moyens légaux d’échanger ses informations avec
tous les autres signataires. C’est un instrument puissant et adapté», juge
Pascal Saint Amans.
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